Nous allons aborder aujourd'hui comment l'analyse transactionnelle contribue au modèle du management durable.
Tout d'abord, qu'est-ce que l'analyse transactionnelle ?
Derrière cette appellation un peu fumeuse se cache une approche de la communication composée de quelques grands principes. Cette "science" a été formalisée par Eric Berne dans les années 60 mais ses enseignements restent toujours très pertinents.Les 2 types de reconnaissance
Le principe que nous allons étudier est celui du besoin de reconnaissance. Eric Berne décompose lareconnaissance en 2 types :
- La reconnaissance inconditionnelle (on reconnaît l'autre pour ce qu'il est et non pour ce qu'il fait)
- La reconnaissance conditionnelle (on reconnaît l'autre en fonction de ses actes)
La reconnaissance inconditionnelle peut être illustrée par exemple par l'amour que l'on porte à ses enfants. A contrario, il est plus facile de trouver des images de la reconnaissance conditionnelle dans la vie
professionnelle, telle que les félicitations ou les sanctions.
Eric Berne nous dit que pour qu'une personne (un salarié par exemple) se sente bien, il faudra lui donner de la reconnaissance positive. Or, dans l'entreprise, on est plus habitués à faire remarquer ce qui ne va pas que ce qui va. Eric Berne ne nous demande pourtant pas de faire de l'angélisme et de féliciter les collaborateurs en permanence, même quand ils ne le méritent pas. C'est ici que la distinction entre les 2 types de reconnaissance a son intérêt.
Les enjeux
En l'occurrence, un salarié qui ne perçoit pas de reconnaissance inconditionnelle positive (sous forme deconfiance ou de cordialité) acceptera beaucoup moins bien la reconnaissance conditionnelle négative qu'un
autre. En français dans le texte, un collaborateur qui ne ressent pas la confiance de sa hiérarchie risque de se braquer à la moindre remarque de son patron, alors que celui qui a confiance en lui grâce aux signes positifs de son manager se montrera plus à l'écoute quand on lui fera remarquer une action inappropriée.
Pourquoi faire ?
On est bien ici au coeur de la problématique du management durable : Concilier l'exigence et le confortpsychologique. Donner de la reconnaissance inconditionnelle, c'est permettre de porter une exigence importante sur un collaborateur sans qu'il se sente perpétuellement remis en cause.
Reste à convaincre les managers du bien fondé de ce lien entre les 2 types de reconnaissance, leur capacité
à témoigner de la confiance étant parfois très limitée...